Deuxième lettre- la crucification du Kosovo
Vendredi Saint
Que l’aide du Seigneur soit avec vous mes chers amis. La fois passées, j’ai écrit quelque chose à mon sujet et au sujet de l’endroit où je vis. Cette fois-ci, j’écrirai au sujet de l’événement qui a marqué mon enfance. J’ai également utilisé ce sujet pour mes écritures d’école sur le sujet : « L’événement que je n’oublierai pas ».Vous pourrez estimer par vous-même l’impact qu’a eu cet événement sur ma personne. C’était le 17 mars, nous peignions notre maison et nous avons tous changé de place : mes parents étaient au rez–de- chaussé et mes sœurs et moi au 1er étage. Je suis l’ainée et en ce temps là j’avais 7 ans, en première année de l’école primaire. Ma sœur, Andjelija est une année est demie plus jeune que moi, elle avait environ 5 ans et demi et à ce moment là, la plus jeune, Coka, avait 2 ans. Les trois regardions la télévision. Alors que je zapais sur les chaines, je suis tombée sur le télé journal et je vis que quelque chose se passait au Kosovo. Je suis allée en bas et j’ai appelé mes parents pour qu’ils viennent voir. Lorsque ma mère est arrivée et à vu les nouvelles, elle est restée sans voix. Elle n’a pas dit un mot ; elle était tranquille et évitait de me regarder dans les yeux pour que je ne voit pas les larmes dans les siens. Mes parents sont descendus avec précipitation. J’ai compris alors que quelque chose avait commencé au Kosovo et les nouvelles les annonçaient toutes les heures. Elles ont montré différents endroits et ce jour là le Kosovo entier a été déchiré. Des maisons, monastères, églises brûlaient… tout brûlait…tout le Kosovo était en flammes. Un instant, j’ai entendu le bruit d’un hélicoptère. Je suis allée vers la fenêtre et c’était le moment où j’ai eu le plus peur. Les hélicoptères volaient au dessus de la partie serbe de la ville. Sur chaque recoin il y’avait des soudures et des policiers entièrement armés. J’ai entendu des voix des personnes mauvaises qui criaient : UCK ! UCK ! et d’autres mots qui ne me sont pas familiers. Mes paumes ont commencées à suer et à ce moment là j’ai eu le sentiment que mon cœur était dans ma gorge. J’ai étreint mes deux sœurs et nous nous sommes assises sur le plancher. J’ai tranquillement prié. Je ne sais pas comment l’expliquer, de plus il doit avoir peu de personnes qui pourraient comprendre comment le cœur d’un enfant innocent pourrait battre à ce moment là. Ma mère est entrée, nous étreignit mes sœurs et moi. Nous sommes allées en bas et ma mère a allumé la bougie de l’icône. La nuit est tombée, il faisait sombre et il n’y avait pas d’électricité, mes parents se reposaient dans l’obscurité, la seule lumière était celle de l’icône, incroyablement brillante. Nos parents étaient près de nous et nous, mes sœurs et moi, étions au lit avec nos vêtements. Nos parents étaient assis à la table, ils étaient encore éveillés. Sur la table était un grand dossier blanc avec nos documents et à côté du lit était un grand sac bleu. Mes sœurs dormaient depuis longtemps, mais pas moi. J’écoutais ma mère et les conversations, et les soupirs du père. Dans cette nuit longue et incertaine, je me dorlote dans mon lit…secrètement et tranquillement j’avale mes larmes, de peur que mes parents puissent remarquer que… dans mon esprit je répète la prière « Chère Marie, mère de Dieu » et prie à l’icône de mon Saint, Saint Nicolas qui pend juste au dessus de ma tête. Seulement la foi et les prières nous gardent ici ; c’est pour cette raison que les gens ont survécu sur cette Terre, nous devons prier notre Seigneur dans les durs et bons moments, le Seigneur est ici, avec nous, par juste et fétide.

17 mars 2004- Orahovac, vu du cimetière

17 mars 2004 - Prizren
